CASCAD (Comment Apprivoiser Son Corps l'Aimer Se Développer) intervient principalement dans les circonstances crées par les ressentis suivants
Le stress
Les causes de stress sont nombreuses et fonction de chacun.<br />
Pour les enfants, ces causes sont différentes selon qu'ils sont ou non en bonne santé.
L'enfant malade a peur de la maladie et de ses conséquences : la douleur, la souffrance, l'hospitalisation, la séparation d'avec sa famille, ses amis, la mort.
Dans la vie courante, l'enfant est souvent stressé par quelque chose de nouveau ou d'inconnu : l'école (nouvelle classe, nouvel établissement, nouveaux copains), un changement dans la vie familiale, etc …
Les effets en revanche restent souvent identiques :
la modification de la respiration, l'accélération du rythme cardiaque, la transpiration et des tensions dans différentes parties du corps.
Cela peut, à la longue, entrainer l'installation d'états de mal être : l'enfant n'est pas bien, mal dans sa peau; il est fatigué, dort mal, a du mal à se concentrer, devient nerveux, a des troubles digestifs (mal au ventre, diarrhées), des problèmes de peau, de l'asthme, …
Le stress des enfants inquiète ses parents; et de la même manière, le stress et l'inquiétude des parents renforcent le stress chez l'enfant, surtout lorsqu'il est malade et hospitalisé. La peur
"La peur (comme on peut le lire dans l'article de Lise BOURBEAU est un sentiment qui accompagne la prise de conscience d’un danger ou d’une menace."
Lorsqu'un enfant est confronté à une situation nouvelle dans sa vie de tous les jours ou plus gravement à l’expérience de la maladie, de l’accident, de l’opération, tout ce qui est inconnu lui apparaît alors comme une menace :
- il va devoir s'intégrer dans un nouvel environnement, s'habituer à de nouvelles personalités - il va être séparé de sa famille, de ses amis;
- il va se retrouver dans un lieu inconnu, entouré de professionnels impressionnants.
Mais cette anxiété et le stress qu'elle génère ne proviennent-ils pas de la manière dont chacun est, ou n'est pas, capable d'apprivoiser sa peur, de la gérer ?
La douleur
Le Dr BOUREAU, se ralliant à la définition donnée par l’International Association for Study of Pain – I.A.S.P. - définit la douleur comme "une expérience sensorielle et émotionnelle associée à un dommage tissulaire présent ou potentiel (il le qualifierait sans doute aujourd'hui plutôt de "virtuel"), ou décrit en termes d’un tel dommage.
C’est un processus de conscience, et l’on ne peut parler de douleur si la personne ne prend pas conscience du phénomène malgré une lésion périphérique".
La notion de "conscience du phénomène" étant un point important, la perception de la douleur, l’évaluation de son intensité, sont en partie subjectives. Le même phénomène pouvant - selon la personne, la situation, les circonstances ou l’environnement - être ressenti différemment. Ainsi l’intensité de la douleur est éminemment variable, depuis l’anodin négligeable jusqu’à l’atroce insupportable. La durée et la fréquence d’occurrence de la douleur sont deux autres facteurs à prendre en compte.
Les conséquences de la douleur peuvent être vues et analysées à différents niveaux :
- biologique : le caractère physique de la douleur telle qu'elle peut être représentée;
- psychologique : en relation avec la sensation, l’émotion ressentie personnellement; ici se fait jour la notion de souffrance;
- sociologique : l'interprétation de sa douleur ou de sa souffrance par les autres.
D’après Épicure, il suffirait de supprimer la souffrance, le stress, etc. pour être heureux.
De nos jours, certains pensent que la douleur peut et doit être totalement abolie par le biais de la technologie.
En médecine, les soins palliatifs visent essentiellement à réduire les plus grandes douleurs d'un malade, la plupart du temps en phase terminale.
En France, le traitement de la douleur a longtemps été considéré comme secondaire ; le traitement de la douleur aiguë se fait actuellement à l’aide de médicaments classés comme stupéfiants (la morphine par exemple). Les codes éthiques se sont également penchés sur le phénomène :
- principe de "non maléfiance" (depuis le serment d’Hippocrate) : ne pas utiliser ce que l’on sait pour faire du mal. Ce principe englobe non seulement le mal lui-même, mais aussi les risques de faire du mal.
- principe de "bénéficience" : utiliser toutes nos connaissances en vue de faire le plus grand bien possible dans telle situation, sachant que Winnicott précise : "Pour que les soins soient efficaces, ce qui compte c'est la bonne volonté, pas le savoir faire ou les connaissances intellectuelles."
Le nombre grandissant de textes de loi concernant la douleur prouve que les politiques de santé s’intéressent aujourd’hui au sujet (cf. les deux circulaires dites "Kouchner" (DG/DH n°98-586 et DGS/SO2/DH/DAS n°99-84).
La prise en charge de la douleur est devenue un droit pour les personnes soignées et un devoir pour les soignants ; elle comporte un aspect légal, éthique et moral que chaque soignant doit intégrer.
La charte de l’enfant hospitalisé préconise pour sa part : "On évitera tout examen ou traitement qui n’est pas indispensable. On essaiera de réduire au minimum les agressions physiques ou émotionnelles et la douleur".
Il est capital que les personnes censées soulager et guérir soient le moins possible à l’origine de la douleur surtout quand il s’agit d’enfants.
On peut toutefois s’étonner qu’il ait fallu légiférer pour obtenir cette attention !
La souffrance
La souffrance est le vécu émotionnel et affectif de la douleur ; c’est une émotion négative, désagréable, source ou menace de dommages
.
Les soignants, dans l’aspect moral de leur profession, sont tenus d’être vigilants sur l’inconfort, voire la souffrance que peut engendrer la douleur physique ou psychologique.
Toutefois des propos comme "Ce n’est pas de la douleur, c’est de la peur ou de l’anxiété… ", ou bien : " C’est dans la tête, c’est psychologique… ", ou encore : "C'est de la douleur, mais il oubliera..." démontrent que dans certains services, à côté des douleurs physiques, la souffrance psychologique ou mentale n’est malheureusement pas encore prise en compte. Pourtant on sait maintenant que la souffrance est mémorisée par les cellules. Comment ne pas évoquer, par exemple, les douleurs du membre "fantôme", ressenties par des personnes amputées ? (lire à ce sujet l'article de Dieter MARCHOW)
Tous les psychothérapeutes ont également constaté que le souvenir de certaines souffrances risquait de "ressortir" lors d'un événement similaire (directement ou par association) et donc de "parasiter" des situations futures.
Ces émotions sont éprouvantes, voire traumatisantes, surtout pour les enfants ; et elles peuvent laisser des traces dans le corps physique de l’être humain et au niveau de sa psyché. L'article d'Emmanuel RANSFORD est, à ce titre, éclairant.
C'est également ce qui préoccupe Bessel van der Kolk, spécialiste du syndrome post-traumatique : "Au coeur de la difficulté à vivre de nos patients traumatisés se situe le problème suivant : ils ne peuvent comprendre ce qui se passe quand ils ressentent à nouveau les sensations physiques liées à d'anciens traumas et sont perturbés quand ces sensations provoquent d'intenses émotions qu'ils ne sont pas en mesure de moduler."
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